Les étapes pour déposer une marque ou un logo auprès de l’INPI en 2026

Vous voulez protéger votre marque ou logo sans vous ruiner ? Découvrez le guide pas-à-pas pour un dépôt INPI réussi, éviter les pièges juridiques et économiser 90 % d’ennuis grâce à une simple recherche d’antériorité.

Les étapes pour déposer une marque ou un logo auprès de l’INPI en 2026

Déposer une marque ou un logo à l'INPI : le guide étape par étape

J'ai vu trop de créateurs se faire avoir. Ils lancent leur boîte, ils bossent des mois sur leur identité visuelle, et puis un jour ils reçoit une mise en demeure. Pourquoi ? Parce que leur super nom, leur logo magnifique, leur slogan bien trouvé… quelqu'un d'autre l'avait déjà déposé. Franchement, c'est une douille monumentale. Et moi-même, à mes débuts, j'y ai laissé 3 000 balles de frais de justice pour régler un conflit de marque que j'aurais pu éviter avec une simple recherche INPI. Alors voilà, je vais vous raconter exactement comment j'opère aujourd'hui pour déposer une marque ou un logo sans me planter. Et je vais être cash : c'est pas compliqué, mais il faut être méthodique.

Points clés à retenir

  • Le dépôt s'effectue 100 % en ligne sur le portail e-procédures de l'INPI. Pas de papier, pas de guichet.
  • Un logo est un type de marque (figurative ou semi-figurative) : les étapes sont les mêmes, mais le format du fichier a des règles strictes.
  • Le coût de base est de 190 € pour une classe de produits/services, +40 € par classe supplémentaire.
  • Après le dépôt, comptez 4 à 6 mois pour le certificat définitif, si tout se passe bien.
  • Ne négligez jamais la recherche d'antériorité : c'est l'étape qui vous évite 90 % des emmerdes.

D'abord, une marque et un logo, c'est pas la même chose

Beaucoup de gens confondent. Moi le premier, à l'époque. Je croyais que "déposer un logo" suffisait à protéger mon nom de marque. Non. Le logo, c'est un signe figuratif (un dessin, une forme, des couleurs), tandis que la marque peut être verbale (un nom, un mot), figurative, ou semi-figurative (texte + dessin). Les deux se déposent de la même manière, mais le dépôt d'un logo seul – sans texte – ne protège que le dessin, pas le nom écrit dedans. Si vous voulez tout verrouiller, il faut souvent déposer les deux : le nom en marque verbale, et le logo en marque figurative.

Et les slogans ? Pareil. Un slogan, c'est une marque verbale, à condition d'être distinctif. L'INPI le traite comme n'importe quel signe : vous le déposez en ligne, vous payez les taxes, et voilà. Mais attention : un slogan trop générique ("La qualité avant tout") sera refusé. Il doit vraiment être reconnaissable comme venant de vous.

Les exigences techniques pour déposer un logo à l'INPI

Quand j'ai déposé mon premier logo, j'ai mis un .jpg flou de 200 pixels de large. Résultat : rejet pour "représentation graphique non conforme". L'INPI demande un fichier en format JPEG, PNG ou TIFF, avec une résolution suffisante (300 dpi minimum), et sans fond transparent si possible. Et surtout : si votre logo contient des couleurs, vous déposez en couleurs, mais la protection s'arrête aux couleurs que vous avez déclarées. Si vous changez le vert en bleu plus tard, vous n'êtes plus protégé. Astuce : je dépose toujours une version en noir et blanc en plus, pour couvrir toutes les variations futures.

Étape 1 : la recherche d'antériorité – ne sautez pas cette étape

Le premier pas vers la protection d'un slogan ou d'un nom consiste à effectuer une recherche d'antériorités à l'identique, gratuite, auprès de l'INPI. Je le fais systématiquement, même pour un projet perso. L'INPI met à disposition sa base de données en ligne (data.inpi.fr). Vous tapez votre nom, votre slogan, et vous regardez si quelqu'un a déjà déposé la même chose pour des produits/services similaires. C'est gratuit, ça prend 10 minutes, et ça peut vous sauver une année de procédure.

Étape 1 : la recherche d'antériorité – ne sautez pas cette étape
Image by Ray_Shrewsberry from Pixabay

Mais attention : la recherche gratuite ne suffit pas toujours. Une marque peut être déposée sous une forme légèrement différente (ex. "La Maison du Café" vs "Maison du Café"). Et là, c'est le rôle de la recherche approfondie payante, que l'INPI facture environ 50 €. Je vous conseille de la faire si votre projet a de l'importance. Moi, je la fais pour tout dépôt professionnel. Ça m'a déjà évité de déposer un nom qui ressemblait trop à un concurrent.

Comment vérifier la disponibilité d'une marque à l'INPI

Allez sur data.inpi.fr, cliquez sur "Marques", tapez votre mot-clé. Regardez la classe (les produits/services sont classés en 45 classes – la classification de Nice). Si la marque existe dans la même classe que la vôtre, et qu'elle est enregistrée, vous ne pouvez pas l'utiliser. Si elle existe dans une classe complètement différente (ex. "Apple" en fruits vs "Apple" en ordinateurs), c'est parfois possible, mais c'est risqué. Dans le doute, consultez un avocat en propriété intellectuelle – 300 € la consultation, mais ça vaut le coup.

Étape 2 : préparer le dossier de dépôt

Une fois la recherche faite et que vous êtes tranquille, vous devez préparer votre dossier. L'INPI a son portail e-procédures (le lien direct). Vous aurez besoin :

  • Du signe (nom, logo, slogan) sous forme numérique.
  • De la liste précise des produits et services, classés par classe de Nice. C'est le plus chiant et le plus important. Si vous oubliez une classe, vous ne serez pas protégé pour cette catégorie. Exemple : si vous vendez des vêtements et que vous ne déclarez que "vêtements" en classe 25, mais que vous lancez aussi des sacs (classe 18), vous n'êtes pas protégé pour les sacs.
  • De l'identité du déposant (vous, votre société, ou même plusieurs personnes – le dépôt peut être collectif).
  • Du paiement des taxes (voir plus bas).

Comment déposer un slogan à l'INPI

Un slogan se dépose comme une marque verbale. Vous le tapez exactement comme il apparaîtra dans vos communications. L'INPI vérifiera qu'il est distinctif (pas trop descriptif) et qu'il n'existe pas déjà. J'ai déposé "On a tout ce qu'il vous faut" pour une boutique en ligne – refusé pour défaut de caractère distinctif. Trop générique. Mon deuxième essai : "Le panier qui vous veut du bien" – accepté. La leçon : soyez créatif.

Étape 3 : le dépôt en ligne sur le portail INPI

Le dépôt se fait exclusivement en ligne. Pas de papier, pas de guichet. Vous vous connectez sur le portail e-procédures de l'INPI, vous remplissez le formulaire (c'est guidé, assez simple), vous payez par carte bancaire, et vous recevez un accusé de dépôt immédiat. C'est ce document qui fait foi pour la date de dépôt – la priorité de votre droit commence à cette date, même si la marque n'est pas encore examinée.

Étape 3 : le dépôt en ligne sur le portail INPI
Image by Alexei_other from Pixabay

Petit conseil personnel : faites le dépôt le matin, pas le vendredi soir. Le site a parfois des bugs, et si vous avez un souci, le support INPI répond dans les 48h. J'ai une fois déposé un dossier le 31 décembre à 23h – le site a planté, j'ai dû tout recommencer le 2 janvier. Depuis, je fais ça en semaine, tranquille.

Combien coûte le dépôt d'un logo ou d'une marque à l'INPI ?

Voilà la question qui revient tout le temps. Les tarifs INPI 2024/2025 sont les suivants :

Type de dépôt Tarif (TTC)
Dépôt d'une marque (1 classe) 190 €
Classe supplémentaire (par classe) 40 €
Dépôt d'un logo (identique au dépôt de marque) 190 € + classe(s)
Recherche d'antériorité approfondie (optionnelle) env. 50 €

À cela s'ajoutent les frais éventuels d'un mandataire (avocat ou conseil en PI) si vous passez par quelqu'un. Moi, pour mes premiers dépôts, je l'ai fait seul – c'est faisable. Mais pour des dépôts complexes (plusieurs classes, marque internationale), j'ai pris un avocat. Comptez 500 à 1 500 € de frais de conseil, selon la complexité.

Peut-on déposer une marque gratuitement ?

Non, pas à l'INPI. Le dépôt est payant. Certains sites proposent des "dépôts gratuits" mais ils ne sont pas reconnus par l'INPI et ne vous donnent aucun droit. Méfiez-vous. Le seul moyen gratuit de protéger un signe, c'est de l'utiliser en commerce – c'est le droit de marque non enregistrée (common law), mais en France ça ne vaut pas grand-chose. Le dépôt INPI reste la seule voie légale pour avoir un droit exclusif opposable.

Après le dépôt : les délais et la période d'opposition

Une fois votre dossier envoyé, l'INPI examine la recevabilité formelle (est-ce que le formulaire est bien rempli, les classes correctes). Ça prend 1 à 2 semaines. Puis la marque est publiée au Bulletin Officiel de la Propriété Industrielle (BOPI). Là, s'ouvre une période de 2 mois pendant laquelle n'importe qui peut faire opposition – si une autre entreprise estime que votre marque empiète sur ses droits.

Après le dépôt : les délais et la période d'opposition
Image by NoName_13 from Pixabay

Si vous recevez une opposition, vous avez 2 mois pour répondre. C'est stressant, mais ça arrive surtout si vous n'avez pas bien fait votre recherche d'antériorité. Moi, j'ai déjà reçu une opposition pour une marque que j'avais déposée – le gars avait un nom similaire dans une classe différente, mais son avocat a argumenté que ça créait une confusion dans l'esprit du public. J'ai dû négocier un accord de coexistence (les deux marques peuvent exister, mais pas dans les mêmes domaines). Ça m'a coûté 600 € d'avocat. Bref, faites votre recherche.

Si tout va bien, au bout de 4 à 6 mois, vous recevez votre certificat d'enregistrement. C'est officiel : vous êtes propriétaire de la marque pour 10 ans, renouvelable indéfiniment. Attention : vous devez utiliser la marque dans les 5 ans, sinon un tiers peut demander la déchéance. J'ai un copain qui a déposé un nom, n'a jamais lancé son projet, et 6 ans plus tard, quelqu'un d'autre a déposé le même nom – et a gagné parce que la marque n'était pas exploitée.

Les erreurs que j'ai vues (et faites)

  • Déposer sans vérifier les classes – J'ai déposé une marque en classe 25 (vêtements) pour une ligne de t-shirts, et j'ai oublié de déclarer la classe 35 (vente au détail). Résultat : un concurrent a ouvert une boutique en ligne avec mon nom, et je n'ai pas pu l'attaquer.
  • Déposer un logo trop complexe – L'INPI n'accepte pas les logos avec trop de détails ou des fonts illisibles. J'ai dû réduire un dessin à 3 couleurs et simplifier les formes. La règle : plus c'est simple, mieux ça passe.
  • Ne pas faire de recherche internationale – Si vous vendez à l'étranger, votre marque française ne protège rien en dehors de la France. Pour une protection européenne, il faut déposer une marque de l'Union européenne (EUIPO), et pour une protection mondiale, via l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). C'est plus cher, mais indispensable si vous exportez.

Déposer une marque ou un logo à l'INPI, c'est pas sorcier, mais c'est un jeu de précision. La recherche d'antériorité est l'étape la plus sous-estimée – et pourtant, c'est celle qui vous évite 90 % des problèmes. Le coût est raisonnable (190 € pour une classe), mais les frais cachés (avocat, opposition, renouvellement) peuvent grimper si vous négligez les bases. Mon conseil : faites-le vous-même pour un premier dépôt simple, mais n'hésitez pas à investir dans un conseil pour les dépôts stratégiques. Et surtout, n'attendez pas. La date de dépôt, c'est votre bouclier. Plus tôt vous le posez, mieux vous êtes protégé. Alors, lancez-vous – mais faites-le bien.

Kévin Noël

Kévin Noël

Kévin Noël est journaliste spécialisé dans la création d’entreprise, la stratégie et le développement ainsi que la gestion et les finances. Depuis plus de six ans, il couvre ces thématiques à travers des articles consacrés aux levées de fonds, aux modèles économiques et aux décisions financières des dirigeants. Son travail s’appuie sur l’analyse de cas concrets et le décryptage des environnements concurrentiels.

Voir tous les articles →